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Des entreprises artisanales et PME en manque de reconnaissance et d'accompagnement
  

En Afrique Subsaharienne, le  segment des PME représente plus de 90 % de  l'ensemble des entreprises, mais sa contribution  au PIB n'est estimée qu'à moins de 20% dans la  plupart des pays, alors qu'elle peut atteindre jusqu'à 60 % dans les pays à haut revenu. Ce décalage traduit un manque de reconnaissance tant sur leur poids que sur leur rôle dans le développement économique et social.

Un environnement peu incitatif pour la formalisation et la structuration des PME

Il n’existe pas toujours de véritable politique de promotion de l’artisanat. Le manque de données statistiques et la généralisation de l’informel ne facilitent pas cette reconnaissance ni l'élaboration de politiques ciblées.

Les corps intermédiaires représentatifs de l’artisanat et les structures d’appui ne sont pas suffisamment structurés pour jouer leur rôle de représentation et d’accompagnement des entreprises artisanales. Les services d’appui sont rares, ils ne sont généralement pas adaptés aux besoins réels et leur coût peut être prohibitif. La faible structuration des organisations professionnelles et l’absence de liens avec les autres corps intermédiaires contribuent également à la fragilité des entreprises et à leur isolement. La complexité des démarches de création d’entreprise en termes de délais, coûts et exigences administratives accentuent la « préférence » pour la non déclaration. La prédominance de l'informel a des conséquences sur l'accès des chefs d'entreprise et des salariés aux services essentiels en  matière de santé, retraite, financements… 

Une faible valorisation des savoir-faire artisanaux : des dispositifs de formation méconnus, peu performants ou, parfois, inexistants

Le métier d'artisan se transmet de génération en génération par une formation sur le tas. Les jeunes qui s'investissent dans ces métiers n'ont généralement pas accès à un système de formation professionnelle adéquat et l’apprentissage traditionnel souffre de certaines faiblesses : i) peu d'artisans disposent d'une réelle qualification pour exercer et transmettre leur métier ; ii) les dispositifs de formation associent rarement l'apprentissage technique et technologique ; iii) les jeunes n'apprennent pas l'intégralité des techniques du métier dans la mesure où les maitres artisans, par crainte de voir leur apprentis devenir des concurrents, ne leur transmettent qu'un savoir-faire partiel. Bref, le savoir-faire artisanal ne se développe pas ; souvent, il se perd.

Un esprit entrepreneurial faisant face à des multiples obstacles

Les jeunes qui veulent s’installer ne disposent que d’un savoir-faire défaillant et n’ont pas de connaissances en gestion et commercialisation. Plus grave encore, ils ne disposent d’aucun accompagnement ; les entreprises créées par eux ont  peu de chances de se pérenniser.

En effet, les petites entreprises artisanales sont très peu compétitives et n’accèdent donc pas aux marchés les plus porteurs. Les difficultés rencontrées tout au long du processus de production sont autant d’obstacles au développement et à la pérennité de la petite entreprise : problèmes d’approvisionnement en matières premières, outillages et équipements inadéquats ; manque de techniques adaptées, de diversification et d’innovation ; niveaux insuffisants d’organisation et de gestion des ateliers ; aucune stratégie marketing et de commercialisation. Elles sont par ailleurs fortement concurrencées par des importations en provenance de l'Asie ou de quelques pays africains plus avancés, qui dominent le marché avec des articles de faible qualité mais peu onéreux.